jeudi 28 mai 2009

Références

Côté corrections, j'ai enfin passé le paragraphe qui me bloquait depuis plusieurs jours. Il va juste falloir que je vérifie qu'il est plus court que le précédent comme demandé par ma correctrice. Comme je l'ai entièrement réécrit, il va me falloir compter les signes. ^^

Aujourd'hui, j'avais envie de vous parler du choix des références dans l'écriture d'un texte. Chacun de nous a un vécu, une expérience de la vie, qui lui fait comprendre les mots d'une manière bien particulière. Si je parle de voiture, par exemple. Les uns vont imaginer un bolide rouge qui fonce à grande vitesse sur des routes sinueuses, d'autres vont penser à la voiture familiale, d'autres encore vont penser à sa mécanique ou aux problèmes écologiques que les voitures engendrent actuellement. Nous sommes tous inégaux devant les mots et leur interprétation. Pourtant, il existe des domaines où les termes sont relativement neutres et engendrent les mêmes images dans l'esprit des lecteurs. Je vous donne un exemple.

"La princesse attendait au sommet de la plus haute tour du château. Elle avait dénoué ses longs cheveux qui cascadaient jusqu'à ses hanches. Son regard azur explorait les environs. Où était-il donc ce prince tant désiré ?"

Tout le monde imagine à peu près la même chose : une belle jeune femme blonde en haut d'une tour, à la fenêtre de sa chambre. Pourtant, je n'ai pas dit qu'elle était belle, ni qu'elle était blonde... ni qu'elle avait la peau blanche... ni qu'elle était dans sa chambre... mais parce que ce domaine lexical fait appel à l'imaginaire du conte enfantin, aux mêmes références, nous imaginons grosso modo la même chose. Maintenant, si je dis.

"La jeune femme attendait un époux valable en observant l'horizon depuis une haute tour."

Non seulement, on perd le lyrisme et le romantisme mais en plus, ça devient ridicule... Comment espérer rencontrer l'homme de ses rêves en observant l'horizon ? Et pourtant, on dit la même chose mais sans les références. Mais dans le cas de la princesse. On sait pertinemment que ce prince existe bel et bien et ô, miracle, va bientôt sonner à la porte du chateau. ^^

En science fiction, au fil du temps, des références se sont créées également. Ce qui permet à l'écrivain d'employer un terme précis sans avoir à l'expliciter. Le problème est qu'un lecteur ne connaissant pas le domaine peut se perdre en cours de lecture à cause de cette absence de référence qui ne s'acquière que d'une seule manière : en lisant de la science fiction. En Fantasy, c'est la même chose. Tout le monde sait ce qu'est un elfe ou un ent. Du moins, tous ceux qui ont lu Tolkien.

Mais voilà, se contenter des mondes créés par d'autres, ce serait trop simple. Souvent, la première chose que font les auteurs en littérature de l'imaginaire, c'est de créer leur propre univers. Et c'est là que les ennuis commencent...

"La zorg, du haut de Chastelat, attendait un noble Vautoul qu'elle pourrait aimer."

Vous voyez ce que je veux dire ? Il faut recréer les références, expliquer que la zorg est une jeune femme à se faire damner un saint, le Chastelat, le nom du palais, et un Vautoul, un habitant d'un pays voisin...et tout cela sans noyer le lecteur sous une profusion de termes plus étranges les uns que les autres ou un historique complet du monde dans lequel vos personnages évoluent. C'est d'ailleurs souvent là que le bas blesse chez les auteurs débutants, l'envie de tout raconter dès le début.

Pour cette raison, écrire de l'imaginaire dans un monde créé de toutes pièces est un travail beaucoup plus fastidieux qu'écrire de la littérature blanche ou de l'imaginaire dans des mondes conçus par d'autres et déjà connus et c'est bien dommage que cela ne soit pas reconnu à sa juste valeur.

P.S. : Si quelqu'un sait comment retirer les publicités sur blogger, je suis preneuse !

mercredi 20 mai 2009

Prix pépin 2009

Bonjour tout le monde. Aujourd'hui, j'en suis à un peu plus de 30% de mes corrections sur Opale. Ca avance doucement...

Il y a quelques jours, j'ai reçu la nouvelle de résultat du prix pépin 2009 et c'est triste mais je ne suis ni dans les gagnants ni dans les désignés pour participer au prix du public. Mais je dois bien avouer que les autres nouvelles sont nettement mieux que la mienne. Elles sont plus gouleyantes. ^^ Ca se dit ? En tous les cas, je vous invite à aller voter pour les nouvelles que vous préférez parmi les sélectionnées. C'est ici : http://pepin2009.blog.mongenie.com/ Attention, il faut voter pour 3 nouvelles, pas plus pas moins.

Pour le plaisir, je mets ici les miennes. Immatérielle a gagné le prix en 2005.

Immatérielle
La téléportation humaine sur Terre fut un tel succès que son concepteur, Léon Lime, décida de rallier Sirius par ce moyen. Mal lui en prit. Certes son corps y parvint instantanément et sans un accroc, mais son âme, elle, mit neuf ans à l'y rejoindre.

Euthanasie
Les étoiles assistaient, impuissantes, à sa lente agonie. La planète leur adressa une supplique muette. Les étoiles durent se résigner. Rien ne la sauverait et elle souffrait tant de son cancer humain. Elles consentirent. La comète du 09 avril 2067 mit fin aux tourments de la Terre.

Captcha
J'aime tant la crème Lime ! J'en fais l'éloge partout sur le net. Pourtant, je ne me souviens pas l'avoir goûtée. Etrange… Hier, l'un de mes forums préférés a renforcé son système de sécurité anti-bots. Je n'ai pu y accéder. Mes doutes sont alors devenus certitudes. Je ne suis pas humain.

Qu'est-ce que vous faites encore là ? Allez voter !!! ^^

Edit : On me fait remarquer que j'ai oublié de préciser ce qu'est le prix pépin. C'est un concours qui récompense la meilleure nouvelle de science fiction de moins de 300 signes, espaces compris. Vous savez tout. ^^

dimanche 17 mai 2009

Schyzophrénie

Il y a quelques jours, j'ai reçu mon à valoir. Ca m'a fait bizarre de recevoir un chèque pour ce que j'avais écrit, inventé. On a l'habitude d'être rétribué pour une production, quelque chose qu'on crée concrètement ou un travail de réflexion mais là, c'est un peu comme si je venais de vendre une part de moi même, de mon esprit. J'imagine que dans le futur, un lointain futur, on branchera des électrodes sur les écrivains et que les éditeurs donneront accès à leurs pensées aux lecteurs. Ils pourront ainsi pénétrer leur univers imaginaires, rencontrer les personnages inventés, visionner les histoires directement, sans passer par la phase papier.

En fait non... Ca ne se fera jamais. Pourquoi ? A cause de la création littéraire. Si vous entriez dans ma petite cervelle, vous n'y trouveriez pas les mondes que j'ai décrits dans mon roman, ni les personnages, ni quoi que ce soit. Vous ne trouveriez qu'une seule chose : moi, moi, et encore moi. Non, non, je ne fais pas une brusque crise d'égocentrisme aigue. ^^ Mais la création littéraire n'est pour moi rien d'autre que la possibilité pour l'auteur d'extraire de lui même, de sa propre personnalité, de son vécu, les personnages, les lieux qu'il va décrire. Il faut être schyzophrène pour être un bon auteur. Il faut posséder en soi le pire des êtres et le meilleur des êtres et cela, je pense que chacun de nous le possède. Nous ne sommes pas une entité unique. Nous sommes constitués d'une infinité de petits "moi", des moi orgueilleux, prétentieux, aimant, envieux, détestables, amicaux, violents, troublants, roublards... Ce sont ces petits "moi" que l'auteur sait retrouver au sein de sa multitude et mettre en avant pour en faire un personnage concret. Etre auteur, quelque part, c'est se connaître soi-même.

dimanche 10 mai 2009

Signature de contrat


Surprise !

J'ai été prise sur le fait, en train de signer mon contrat chez Gallimard Jeunesse. ^^ Je suis toute fière, je l'avoue. Quand j'écrivais Opale, j'imaginais du bout des neurones être un jour éditée mais je n'aurais jamais espéré l'être chez Gallimard Jeunesse. C'est un peu comme la cerise sur le gâteau de mes rêves. ^^

Je me rends compte que je vous ai laissés sans nouvelles depuis un bon moment et ce n'était même pas pour travailler sur Opale. La vie et ses obligations ont pris tout mon temps et mon énergie. C'est ainsi. Je suis à peu près à 20% des corrections d'Opale. Mais ce n'est qu'un premier jet. A force de modifier, remodifier et remodifier encore les mots, on perd la vision globale du chapitre et je relirai une nouvelle fois l'ensemble pour voir si tout coule bien. Et encore une fois si besoin. Et encore... Non. lol. Je m'arrêterai là sinon, je ne m'arrêterais jamais de chercher à peaufiner le moindre détail. C'est un peu effrayant de se dire qu'on corrige pour la dernière fois, qu'on ne pourra plus revenir en arrière, et du coup, ça prends plus de temps que nécessaire. Je me suis donnée une date butoir, le 1er septembre, pour renvoyer cette mouture à mon éditrice et je sais déjà qu'elle aura encore d'autres corrections à me demander.

C'est décidément du travail de pondre un roman et je reste admirative devant les gens qui ont à peine la trentaine voire moins et ont déjà plusieurs romans à leur actif. Je ne pense pas faire partie de cette classe d'auteurs prolixes. J'aime bien trop l'oisiveté. ^^